Mon petit compagnon
Qui de toi ou de moi tient la laisse
La laisse de l’incertitude servitude
Servitude de la solitude
Une solitude agacée
Dans le miroir de nos pulsions
Docilement influencées
Mon petit compagnon
Qui de toi ou de moi fait chemin
Le chemin de l’addiction fiction
Fiction de l’abandon
L’abandon facilité
Dans la drogue de nous-mêmes
Fragilement défoncés
Mon petit compagnon
Qui de toi ou de moi en ai l’ADN
L’ADN d’un alien en peine
Peine de prison virtuelle
La virtuelle réalité
De nos vies insignifiantes
Tu freines mon élan
Mon petit compagnon
Qui de toi ou de moi est une conscience
La conscience du transhumanisme sans filtre
Le sans filtre habitant de ma galaxie
Une galaxie en perdition d’être
En laisse au cerveau cybernétique
Tu animes ma pseudo-réalité
Mon petit compagnon
Qui de toi ou de moi est vivant
Vivant au-delà d’un espace monolithique
Le monolithe comme pierre sans raison
J’en perds la raison
En laisse à l’absurdité du moment
Tu m’as
achevé
Au point de ne plus exister
Mon petit compagnon
Qui de toi ou de moi a une existence établie
Une existence établie par la Nature
Ma nature en déconfiture
Déconfit par servitude
Je t’ai vendu mon âme
Pour faire de toi un être à part entière
Mon petit bijou de technologie
Qui de toi ou de moi est réel
Une réalité
Devenue une virtualité
A trop te fréquenter
Rends moi mon âme
Petit objet inerte
Toi qui viole en secret
Mon existence
Prends garde
Petit objet sans valeur
Toi qui triche en excès
Sans vergogne
Rends ma vie
Petit objet insolent
Toi qui vole masqué
Ma liberté
Prends garde
Petit objet diabolique
Toi qui use du mensonge
Pour transmettre
Le virus de l’absence de Soi
L’Humain est spirituel
En soi
Et ton petit manège
Ne vaut guère
Seul ton insolence
Petit objet matériel
En métal
L’Humain a l’avantage
D’être naturel
Ancré au spirituel naissant
Chemin faisant
Ma spiritualité t’efface
A chaque pas
A chaque note
Une porte ouverte
A la résilience
Adieu le monolithe virtuel
Emorizo
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Il y a de quoi être dérouté par ce poème complexe. En fait il est une réponse à la complexité que nous entretenons avec l’extension de nous-même: je parle bien sûr du smartphone ou téléphone portable. Il s’agit d’une prison virtuelle. Je conçois que le poème peut être indigeste tout comme pourrait l’être l’utilisation d’un smartphone. Notre rapport avec la technologie est parfois tordu. Le poème montre bien le côté tordu…
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