Nous passons notre temps à juger les moindres faits et gestes d’autrui: nous l’imitons; nous n’approuvons pas tel ou tel comportement; nous le foudroyons de nos yeux face à un « délit » inacceptable pour nous etc.
En fait, nous posons un regard à la fois moqueur et qui juge.
Qui sommes nous pour juger sans connaître? Qui sommes nous pour interpréter des faits et gestes?
Très souvent celui qui juge autrui est lui-même sujet à être aussi jugé pour des faits et des gestes comparables à autrui voire pour d’autres comportements.
Nous sommes très souvent mal placé pour critiquer ou apporter une réflexion.
Par exemple, je suis le premier à critiquer de mauvais comportements sur la route. Et je ne suis pas le dernier à enfreindre des règles élémentaires comme faire une queue de poisson au dernier moment quand il s’agit de se rabattre sur une voie car la sortie n’est pas loin et que je n’ai pas su anticiper. Ou alors, je me crois plus malin qu’autrui quand il s’agit de prendre la parole en public alors que moi-même je ne serais pas très à l’aise non plus. Il y a pléthores d’exemples… D’autres fois je trouve quelqu’un sévère envers une autre personne alors que moi-même je peux aussi me montrer critique dans une autre situation.
Bref, juger autrui revient à considérer que nous sommes blancs comme neige et que rien ne peut nous atteindre. Alors qu’au contraire, nous valons guère mieux. Nous aussi sommes imparfaits et pouvons commettre des erreurs ou avoir des tics qui dérangent autrui. Nous sommes très souvent le con de quelqu’un d’autre.
Le mieux est de ne pas juger.
Par contre, critiquer peut aussi être constructif à partir du moment où on se retrouve face à des comportements outranciers. Je pense à toutes ces personnes qui se croient au-dessus des autres humains ou qui sacrifient l’humanité. Mes propos dans cet essai ne visent pas ce genre de comportements que nous voyons à travers la politique ou parmi ceux qui dénigrent autrui. Il s’agit plutôt d’un jugement dans la vie quotidienne et de nos échanges basiques avec autrui.
Oui, le mieux est d’accepter certaines situations sans porter de jugements trop hâtifs. Ensuite, c’est dans notre nature bien française de râler au moindre faux pas. Mais, la vie nous donne de belles leçons d’humilité. Et c’est bien d’en prendre conscience. Cela nous permet de grandir en bienveillance.
La base de la bienveillance est de ne pas porter de jugements. Ensuite on a le droit d’avoir des opinions sur tels ou tels comportements qui sont contraire à notre philosophie de vie. On a aussi le droit d’exprimer un mécontentement dans une situation donnée. Mais sans trop juger. Et c’est là où demeure toute la complexité. Cela s’appelle s’exprimer avec respect. Il existe pléthores d’exemple dans notre vie de tous les jours…
Emorizo
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