Nous nous baladons dans l’existence, nus comme des vers de terre et sans filtre, souvent cachés derrière des pseudonymes, des pseudonymes qui virent parfois au ridicule.
Nos sociétés sont devenues des voyeuses où notre intimité est révélée au grand public. Elles raffolent des effets provocateurs à la limite de la grande foire. D’ailleurs l’intimité n’existe plus. Nous exhibons tous les détails de nos vies sur les réseaux sociaux, dans la rue – smartphone en main -.
Il n’y a nul besoin de caméra de surveillance ou de surveillance tout court. Tout se sait à la vue et à l’ouïe de tous. Il suffit de récolter l’information à la source. Une source de plus en plus ouverte à l’espace public. La notion de vie privée disparaît pour laisser place à l’exhibition libre.
Pour exister dans un monde qui n’existe déjà plus, chacun y met du sien pour récolter un maximum de vues et de followers. Ce sont de grands excités du ciboulot… Il n’y plus personne dans le bocal. Ils sont littéralement perdus dans les méandres de leur ego surdimensionné.
Pour exister, beaucoup violent le secret de leur intimité. Alors qu’il est plus sain de garder intact son jardin secret au plus profond de son être sans y dévoiler quoique ce soit. La société devient névrosée.
Autrefois, seul un intime avait accès à notre confiance et l’intégralité de nos vies.
Aujourd’hui, les fenêtres de l’être sont ouvertes à tous.
Je ne dis pas que tout le monde est rentré dans cette conformité à vouloir tout exposer de sa vie à de parfaits inconnus. Je constate un effet de mode depuis l’apparition des réseaux sociaux et de la téléréalité.
La psychologie de chacun est exposée à qui veut bien manger de ce pain là.
La surveillance et le contrôle se construisent d’eux-même. Nous sommes la source de nos privations de liberté car nous donnons ce pouvoir de mieux nous connaître. Nous offrons sur un plateau d’argent toutes nos habitudes et nos émotions. Le secret de notre être n’est plus si bien caché de la vue et de l’ouïe d’autrui.
Nous sommes vraiment nus comme des vers de terre…
Emorizo
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