L’objet et les émotions

L’objet est de nature à nous renvoyer à des émotions. Existe t-il une loi physico-psychologique à ce phénomène de dépendance? J’entends par là que l’objet tend à avoir une influence sur notre psyché.

Au quotidien, nous sommes amenés à vivre des phénomènes divers et variés. L’objet occupe une grande place émotionnelle. Je ne peux pas citer tous les phénomènes ô combien même ils sont souvent propres à notre vécu.

Il existe une quantité d’exemples qui nous touchent plus ou moins selon nos croyances, nos expériences ou nos ressentis. J’en ai relevé deux qui me sont plus parlant d’un point de vue personnel. Il s’agit d’un regard explorant ma propre expérience. Chacun pourra après trouver à y répondre. Je ne détiens pas la clé des mystères de l’objet. Néanmoins, je suis curieux des phénomènes et je m’interroge comme tout à chacun. L’habillement dans un premier temps, occupe une bonne place de choix dans mes interrogations. Ensuite, vient les ressentis à travers les différents objets ayant appartenus à un proche défunt.

 

L’habillement

Ce premier exemple – le plus marquant – est celui de l’habillement (vêtements ou chaussures). Certaines personnes passent leur temps à changer de vêtement ou faire de nouveaux achats compulsifs. Ils changent de vêtement souvent car ils se sentent mal dans leur peau. En fait, au début le vêtement neuf procure un bien être car chargé positivement.

A force de porter un vêtement, certaines personnes ressentent une charge émotionnelle: le vêtement « perd » de sa valeur et/ou se « décharge » vite. L’usure du temps ou du moral de la personne a raison du vêtement porté trop longtemps.

La charge émotionnelle est due au mal-être du propriétaire.

 

Petite introspection

Un jour, on m’a offert un polaire déjà porté. Il était si chargé émotionnellement et bourré du mal-être de l’ancien propriétaire que j’ai ressenti un gros malaise en le portant. Mon ressenti était vraiment très désagréable et source d’une grande angoisse. Juste en le portant… Dès que je l’enlevais, le malaise disparaissait.

Peut-être suis-je trop sensible ou que mon affect y est pour quelque chose?

 

Bref, on achète encore et encore tant qu’on est mal dans sa peau. Cela entraîne des dépenses dans ce qui est censé nous rassurer. Pourquoi à votre avis, les gens se sentent bien après un achat et que peu de temps après, ce besoin d’achat se fait ressentir? Car le vêtement se charge vite au mal-être du propriétaire.

Il y a bien longtemps, l’Homme préhistorique portait les peaux d’animaux en se procurant l’énergie de la bête sacrifiée ou chassée selon les besoins. La peau de la bête nous rappelle sans mal ce pouvoir qu’a le vêtement sur nos consciences depuis des lustres. Notre cerveau a gardé la trace de ce passé préhistorique: la peau protège du froid; ranime notre position hiérarchique; alimente notre Ego malin et tant d’autres… 

Le marketing a plus ou moins flairé ce phénomène d’attachement au vêtement qui est bien plus qu’un habit qu’on revêt pour le « côté pratique », il s’agit d’une seconde peau que l’on renouvelle sans cesse pour se charger positivement. L’attraction du vêtement se joue bien sûr selon les goûts de chacun. Mais, cette attraction nous pousse à consommer… 

 

Les objets liés aux proches défunts

Dans cette très courte présentation, je vous fais part d’une étrange sensation quand il s’agit de se procurer ou se séparer d’un objet ayant appartenu à un proche décédé. Il existe une telle attraction qu’on se sent possédé par les objets. Leur histoire est intimement liée au défunt. On ne peut s’empêcher de repasser les films dans sa tête au moment où l’objet était en possession du disparu: une chemise portée pour telle occasion, son costume, sa montre offerte pour un anniversaire, sa cravate préférée, son parfum, etc. On a ce sentiment que l’objet garde intacte la mémoire du disparu. Puis une peur s’empare de notre être et nous fait vaciller: il va falloir s’en séparer ou partager les souvenirs liés à l’objet. Et c’est pénible de devoir faire un choix de circonstance sachant que ces objets nous rappellent l’histoire du défunt, notre histoire.

Et on ne veut ni oublier ni perdre à nouveau l’être aimé. Cela arrache notre cœur et alourdi notre peine. C’est comme si l’objet gardait intacte la présence du défunt en nous. Comme une passerelle avec l’au-delà qui nous permet de rester en contact avec le disparu…

C’est une bouée de sauvetage pour faire son deuil…

Cette description est bien sûr non exhaustive. Les émotions qui accompagnent un deuil sont plurielles. L’objet tient une place particulière dans ce déroulement: la peur, l’attachement, la tristesse, etc. L’objet ravive aussi les souvenirs et devient sacré à nos yeux. On n’a pas envie de dire au revoir au défunt et à ce qui le représentait.  

 

 

En somme, l’objet est mystérieux. Il est ce lien qui nous attache à nous-même. L’émotion qui s’en dégage décuple avec nos expériences respectives. Nos émotions sont plus ou moins prononcées selon qu’on soit sensible ou non à ce genre de phénomène. Cela va bien au delà d’un sentiment de posséder pour posséder. Il s’agit d’une attraction de Soi à Soi… 

Je n’ai pas la science infuse mais je reste intimement persuadé que l’objet joue un rôle dans nos relations affectives avec autrui et/ou nous-même… 

 

Emorizo

 

Copyright © Tous Droits Réservés, F. Ménez-2019

 


Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s