Le Temps nous est compté…

 

LE TEMPS NOUS EST COMPTE…

Une voix anonyme s’élève dans les rangs du quotidien La Petite Gazette pour dénoncer les dangers des nouvelles technologies nanomédicales. Ainsi est écrit dans les colonnes du journal : « Peuples d’Europe ! Réveillez-vous. Ne voyez vous rien venir concernant votre santé de demain ? Je vous le dis : on vous trompe […] Nous déplorons chaque mois une croissance exponentielle du nombre de suicide. Qui se cache derrière ces suicides prématurés ? Vous avez le droit de savoir. Les nouvelles technologies en médecine sont une arme à double tranchant. D’un côté, elles guérissent, de l’autre, elles condamnent. Une enquête révèle que 61% des suicides représentent les clients d’Egnoos. J’accuse la société d’avoir abusé de leur crédulité. Elle a vendu des produits illicites au nom de ce qu’elle ose appeler de la science. Sa véritable religion est l’argent qui coule dans ses veines comme un poison, un sang blanc de vie. D’ailleurs, il s’avère que les clients-patients étaient tout à fait saints d’esprit avant de s’être injectés le vitaesique. Oui, le vitaesique est une source prolifique de suicide en chaîne depuis quelques mois. La majorité a été atteinte de ce qu’on pourrait nommer : le mortem-vitaesique… »

La semaine suivante, au siège de la société Egnoos, le Président-directeur général peaufina son discours. Il l’avait bien ficelé dans le but de contenir l’information du jour. A savoir un article paru dans La Petite Gazette. La conférence de presse avait lieu au pied d’Egnoos. Installé sur l’estrade, il se disposa à prendre la parole sous une pluie de flashs incessants. Puis, il mesura avec précautions les questions qu’on allait lui pauser.

– Monsieur Montfort ! Interpella la journaliste de Radio Médecine

– Je vous écoute ! Répondit le Président, une goutte de sueur qui visitait ses vieilles crevasses mangées par le temps.

– Un mot sur l’article publié sur La Petite Gazette ! Comment réagissez-vous face à ce type d’article ? Insista l’envoyée spéciale de Radio Médecine, perdue dans la horde.

– Le vitaesique, est-il un danger pour l’Homme ? Demanda un autre journaliste

– Grâce au vitaesique, nous avons pu sauver des centaines de milliers de vie à travers le monde. Il s’agit là d’un mauvais procès, d’un canular pour freiner le progrès et assassiner à petites gouttes des vies qu’on pourrait sauver. On ne peut pas remettre en cause le bien fondé d’une telle technologie sur de pures élucubrations ! Rétorqua fermement Daniel Montfort… Ce ne sont que des minorités qui énoncent de tels mensonges sur le pavé public, renchérit le Président… Je dénonce fermement cette attaque…

– Monsieur Montfort, quelle est votre stratégie pour contrer la publicité faite au vitaesique… ? Interrogea un correspondant de la télévision publique.

– Nous avons depuis longtemps réfléchi à un nouveau vitaesique…

– Donc, vous admettez qu’il y a eu un dysfonctionnement dans…

Le correspondant eut à peine le temps d’emmener le Président sur son terrain de jeu, qu’il fut contré par ce dernier. Daniel Montfort fit mine d’acquiescer à un autre journaliste en laissant pleuvoir les questions dérangeantes.

Il dirigea l’attention des journalistes vers le principal sujet : le nouveau vitaesique. Il réussit à nourrir la curiosité de ces rapaces qui avaient faim de nouveauté sur ce produit de luxe… De minute en minute, le Président-directeur général les embobina comme il savait si bien le faire. C’était un orateur, un chef d’orchestre quand il s’agissait de vendre les mérites de sa société. Certains journalistes persistaient sur cette voie à sens unique sur ce problème de fond : les suicides. Mais, ils étaient noyés dans le brouhaha… Ce n’était plus qu’un sifflement.

Surtout ne pas s’énerver face aux journalistes. Il fallait leur montrer qu’il était maître de la situation et qu’il y avait de la sincérité dans ses réponses précises. Ces dernières conduisaient à plus de mystère et d’interrogation. Puis il conclut : « Aujourd’hui, on peut guérir autrement grâce aux nanoparticules Bêta et Gamma qui, après de multiples essais cliniques dans nos laboratoires modernes, dopent les défenses immunitaires contre toutes attaques microbiennes, virales et cetera…»

L’orateur intoxiqua les rapaces de l’information et leur émailla tous les bienfaits du nouveau vitaesique.

Puis, Daniel Montfort, accompagné de ses gardes du corps, quitta une horde de journalistes affamée. La Mercedes aux allures amazones gronda fort de son rugissement.

Deux mois s’écoulèrent en silence. On avait étouffé l’affaire du vitaesique empoisonné lequel était soit disant une source de suicides importants. Actuellement, la société affiche un chiffre d’affaire de plusieurs milliards d’euros.

Un homme d’une quarantaine d’années, chauve comme une souris nue, s’apprête à pénétrer dans un immeuble haut d’une centaine d’étage. Il emboîte le pas des habitants qui animent la société Egnoos. Il se dirige vers l’accueil.

– Bonjour Monsieur Delacroix, cela fait longtemps que nous ne vous avions pas vu… Ça fait plaisir de vous revoir ? Alors, quel bon vent vous emmène ?

– Bonjour Rebecca… Comment vont les jumeaux ?

– Bien, je vous remercie ! Jonathan et Kévin ont prononcé leurs premiers mots ! Répond en souriant la jeune secrétaire.

– Tenez, je pense que cela fera plaisir à vos fils ! Lui dit Delacroix en lui offrant deux pandas en peluches, objets rares voire de collection.

– On n’en fait plus. C’est vraiment très aimable…

– Est-ce que Monsieur Montfort est dans son bureau ! J’ai besoin de le voir. J’ai à lui parler d’une affaire urgente. Continue Delacroix.

– Je vais vous demander de patienter un instant dans la salle d’attente. Monsieur Montfort est en pleine réunion. Je vais le prévenir que vous êtes là… Voulez vous du sam’gê en attendant. Je viens juste d’en faire chauffer un peu.

– Merci, c’est aimable à vous…

 

10 ans plus tôt. Le 29 Mai 2058

Au centre d’Egnoos, des centaines de personnes font appel au vitaesique pour un semblant de contrôle sur leur santé. Un homme, la vingtaine, se laisse tenter par l’injection du vitaesique qui rentre timidement dans le cœur de la société ! On raconte qu’il s’agit d’un miracle de la science basée sur la nanotechnologie. Désormais, l’homme porte son bracelet temporel. Le voilà maître de son destin.

Il rentre dans sa luxueuse demeure. Il a enfin passé le cap malgré les réticences de son entourage. Il ne veut pas être en marge dans cette mode en réaction au progrès de la médecine. Il s’étale sur le canapé de son grand salon richement décoré de tableaux du 20ème siècle. Sa femme arrive, surprise de voir son mari aussi exalté. Elle le rejoint et lui dit :

– Bonsoir Ken ! Ça fait une éternité que je t’attends pour le dîner !

– Je…

– Qu’est ce qui te met dans cet état ? Lui insuffle t-elle au creux de l’oreille.

– Regarde, lui montra le jeune homme.

– Tu as finalement acheté ce bracelet temporel ! Tu connais ma position là-dessus ! Ricane t-elle, l’air furieuse.

– Oui, mais…

– J’ai lu un article sur le journal La Petite Gazette sur les dangers éventuels qui pourraient engendrer des problèmes de santé sur du long terme… Coupe t-elle.

– Oui, mais la bonne nouvelle, c’est qu’il me reste soixante-huit ans, sept mois, douze jours et vingt-deux heures à vivre ! Pour moi, c’est une éternité ! Affirme l’homme…

– Tu ne m’écoutes pas… Les nanoparticules sont constituées de matières toxiques. L’interaction entre les particules et les cellules incite à la plus grande prudence… rajoute-elle.

– Écoute chérie, plusieurs travaux ont été réalisés par des chercheurs de renom. On arrive même à guérir les cancers. Alors, ne t’inquiète pas pour moi… Soulage l’homme du poids qui pèse sur la conscience de sa femme…

– On ne compte plus le nombre d’articles qui accuse le vitaesique de danger toxique pour l’organisme à cause des nanocapteurs qui le compose… Insiste sa femme

– Selon des statistiques sérieuses et l’état actuel de mon corps, j’ai 88% de chance de mourir de vieillesse… Renchérit son mari

– Et que fais-tu des 12% qui restent… Dit t-elle, imperturbable.

– C’est juste un détail ! Un accident peut arriver à n’importe qui ! Nous ne sommes que l’instrument de Dieu… Je fais confiance à la science des hommes. Conclue t-il.

– Tu as gagné… Surtout, promet moi que jamais je ne porterais pareil bracelet… Lâche t-elle.

– Promis chéri !

 

De nos jours

Les yeux de Delacroix fouillent la table basse. Soudain, un journal attise sa curiosité ! Selon la page de couverture la société Egnoos fêterait ses quinze ans d’existence. Delacroix a passé outre cette information ! Cela fait pourtant une dizaine d’années qu’il travaille comme ingénieur en biomécanique au sein du laboratoire de recherche sur la nanotechnologie moderne. Dont cinq années en tant que coordinateur des opérations sur le marché français en l’occurrence. Les lois d’éthique ayant changé au cours des différents référendums. Peut-on décider de l’heure de notre mort ? Pensa t-il. Il se plonge corps et âme dans la fulgurante réussite de la société Egnoos.

On peut y lire : « 2053 : la société Egnoos accouche d’un vrai bijou technologique qui s’empresse déjà d’envahir l’Europe des trente et un. Le MT5H, communément appelé le vitaesique, signe un nouveau tournant dans le secteur de la santé. Il s’agit d’une multitude de nanorobots qui mesurent à dix minutes près les différentes constantes de notre corps comme la tension, l’état des os, le taux de cholestérol, le pourcentage de calcium, le niveau de défenses immunitaires et autres. Des nanocapteurs analysent et surveillent en fait l’organisme de chaque individu. Il permet au médecin de prescrire les bons médicaments en faisant de bons diagnostics… Ainsi, on prévient les maladies et la médecine est plus efficace… De plus, il permet d’alerter à temps les services d’urgence en cas d’accident vasculaire par exemple grâce à une liaison radiofréquence constante… Et, de préconiser les exercices physiques à faire et régler son alimentation pour une meilleure hygiène de vie. »

Tout à coup, un homme de grande taille s’approche de Delacroix :

– Kenneght, comment vas-tu vieux frère ? Demande Guymard à son ami.

– Salut Guymo ! Et bien, comme tu le vois, j’ai la forme ! Répond Delacroix, sorti d’un long sommeil littéral…

– Tu m’as l’air fatigué ! Tu es sûr que ça va ? Tu as vraiment mauvaise mine ! Je te conseille de te reposer… Préconise Guymard.

– Oui, je manque un peu de sommeil, je te l’accorde. J’ai travaillé toute la nuit sur le nouveau projet et j’ai fait une découverte fondamentale pour le devenir du vitaesique ! Pour l’instant, je ne peux pas t’en dire plus… Les recherches sont fraîches.

– Je comprends ! Cela explique pourquoi tu es ici ! Acquiesce sans trop insister Guymard. Bon, il faut que j’y aille ! A la prochaine vieux frère !

– Au plaisir Guymo !

 

8 ans plus tôt. 2060

Tandis que les mois défilent, Ken devient de plus en plus dépendant du vitaesique comme une drogue qu’on ne lâche pas une fois qu’on y a goûté. Il est obsédé par la notion du temps. C’est comme une sorte de compte à rebours qui ne cesse de réduire son espérance de vie… Il gère son temps de sorte à pouvoir faire face à l’imprévu : pas trop de sucre, de sel, d’alcool et cetera. Il sait qu’il peut augmenter son espérance de vie d’au moins trois jours grâce à une alimentation saine et équilibrée ! Mais cela ne suffit pas. Il se procure des plantes chez un ami : un des rares pharmaciens-herboristes. Il lui commande ainsi une centaine de doses de sam’gê : une boisson réputée très énergétique.

L’homme aux bottes de peau synthétique couleur lièvre regarde avec délectation son bracelet. En deux ans, il a gagné seize jours et six minutes. Un exploit face à la mort. Son temps est compté mais il veut continuer le combat contre la fin d’un corps, la fin en soi.

 

De nos jours

Delacroix continue à feuilleter l’article consacré à la société Egnoos. « 2058 : on peut dorénavant mesurer la durée de vie, à une heure près, du corps. On y ajoute les statistiques de la SEFRES (risques d’accidents, imprévus) pour avoir une exactitude proche de 88% de l’espérance de vie… On rajoute un bracelet pour mesurer en temps différé l’heure de la mort.

« Commence alors une meilleure gestion de son existence face au temps qui court toujours plus vite…

« Aujourd’hui, le vitaesique est devenu indispensable dans une société qui se veut vivre le progrès… Au fur et à mesure que l’homme évolue dans son environnement, son corps est attaqué de toute part par de nouveaux virus toujours aussi virulents… Il faut savoir se préparer au pire et détecter les maladies à venir.

« En 2066, le vitaesique a sauvé près de 125 468 personnes à travers le monde. En 2067, on est passé à 130 589. Les médecins le préconisent pour un meilleur diagnostic. »

Au fond de lui, l’air de rien, tranquille sur le sofa couleur ambre, Delacroix pense : « Certains n’hésitent pas à proposer aux pauvres âmes des potions miracles pour faire face à cette mort inévitable qui compte, compte… ; pour faire que l’organisme résiste toujours plus longtemps. La mort est de plus en plus présente dans les esprits… Et puis là, on est enfermé dans cette peur qu’est le miroir de la mort, qu’est de mourir pour ne plus être. Vivre maintenant, nous est compté. La vie a un nouveau visage désormais palpable. On le craint mais on ne peut pas y résister. C’est comme une drogue. L’argent est roi… »

Il a un léger rictus.

 

5 ans plus tôt. 2063.

L’homme, aux bottes de peau synthétique couleur lièvre, a encore une longue vie qui l’attend : soixante-trois années, huit mois, deux jours, dix-huit heures et vingt minutes à vivre. Quel prodige ! Le voilà qui gagne vingt-trois jours. Il s’éloigne de la mort jour après jour. Il la défie mais il se condamne à jouer à cache-cache avec elle.

Puis un jour, il pense que son vitaesique est déréglé. En effet, il s’écoule comme un sablier. Sa mort s’approche plus vite que prévu. Pourtant, il n’a pas changé ses habitudes. Sauf, que là, il s’est écarté de sa trajectoire à force de compter le temps. L’homme est tout excité à l’idée de perdre un brin de sa vie. Il ne sort que pour travailler. C’est le minimum qu’il s’afflige pour ne pas montrer aux autres qu’il est malade. Non ! Tout va bien. C’est juste une crise d’angoisse passagère, pense t-il. Il ne compte pas aller consulter un psychiatre pour des chiffres qui raisonnent faux. Son vitaesique est déréglé. C’est tout. Il est persuadé d’être un peu surmené, fatigué.

Cependant, il commence à sentir le poids de son cœur qui l’étrangle. Il angoisse. Le Temps est son pire ennemi car son temps est compté.

Mais quelques jours plus tard, sa femme le quitte. L’agressivité de son mari était illogique. Il se comportait comme un zombie en manque, en manque de sa dose journalière : un drogué. Derrière son masque de fer, il cache la peur qui s’est installé comme un cafard dans un lieu de détritus. Le détritus qu’il est devenu a en permanence l’œil sur son bracelet temporel. Ceci pour voir combien de temps lui reste-il à vivre. Il compte, obsédé par sa peur : la mort. Il est devenu un drogué anxieux.

La mort devient parfois une longue attente qu’on affiche un nombre croissant de suicides.

 

De nos jours

Un homme élégant s’approche de son ami et collaborateur Kenneght Delacroix. Il l’invite à le suivre dans son bureau pour être plus tranquille pour discuter. Delacroix acquiesce et suit le svelte Daniel Montfort.

Chaque couloir affiche les plus grands physiciens des siècles passés et autres scientifiques de renom… de tous les temps. Le Président-directeur général de la société Egnoos fait parti de cette élite. Arrivés au bureau, ils entament leur discussion.

– Jamais les chiffres ont été meilleurs depuis la parution de l’article anonyme soit disant dénonciateur de ce que j’appelle le progrès ! On lui doit une fière chandelle, non !

– Oui, vous avez raison ! Répond Delacroix, avec un léger rictus maquillé d’un sourire d’approbation.

– Bien ! De quoi voulez-vous me parler…

 

3 mois plus tôt.

Ken se sent mal, très mal ! Son vitaésique lui donne trois mois et onze jours de vie. Il est atteint d’une psychose. Il veut se suicider car il ne supporte pas de savoir qu’il va mourir d’un mal qu’il ignore. On ne peut rien faire. Il est condamné…

Désemparé, il décide de dénoncer ouvertement la société Egnoos pour ses agissements frauduleux… Comment de telles nanoparticules peuvent-elles diagnostiquer des maladies pour trouver une thérapie adaptée ? Cela n’a pas marché sur lui !

Il publie ainsi, dans l’anonymat, un article qui a pour objectif de dérégler la machine de l’argent, dénonçant un subterfuge maquillé de déroutes…

 

H-2 plus tôt.

L’homme aux bottes en peaux synthétiques couleur lièvre s’infiltre incognito dans la société Egnoos, armé de son courage pour mettre fin à cette farce : le contrôle sur la santé… et la mort.

 

A l’heure actuelle…

Daniel Montfort et Kenneght Delacroix discutent sur l’avenir de vitaesique. Notamment sur cette nouvelle découverte qui pourrait mettre en danger les patients. Une étude récente démontre que le vitaesique n’est pas fiable. Cela met en colère Daniel Montfort qui demande de la discrétion…

 

Quelques minutes plus tard…

On entend un grand fracas du haut du siège social de la société Egnoos. On voit un objet volant non identifié qui descend à vive allure.

« Ouille, ça fait mal ! Inutile de vous décrire cette scène macabre à laquelle nous venons d’assister », Dit un journaliste attendant que son mystérieux informateur le rappelle.

Le journaliste s’approche, avec son équipe dont son caméraman, des lieux et là la scène est indescriptible. Beaucoup de sang et un corps mutilé par de multiples fractures… Peu de temps après, les policiers et les ambulances arrivent sur les lieux, alertés par les passants et au regard de la télévision… Les policiers évacuent et sécurisent le secteur afin de comprendre ce qui vient de se passer… Un médecin légiste est dépêché sur place pour confirmer qu’il s’agit sûrement d’un suicide. Les policiers passent au peigne fin les lieux… Apparemment, l’individu n’est autre que… Mais, un indice leur fait prendre une fausse piste : on ignore qui est réellement le suicidé. On ne peut pas se fier aux vêtements… Mais le médecin légiste conduit les policiers à chercher le lieu du saut de l’ange.

Les forces de l’ordre, conduits par le lieutenant Humsk, dirigent leur recherche à l’étage d’où a sauté le suicidé. Mais, ils découvrent qu’il s’agit du bureau de Daniel Montfort duquel a sauté la victime.

– Nous avons trouvé dans le bureau du PDG d’Egnoos un corps sans vie ! Selon les employés, il s’agirait ! Attendez, je l’ai noté : Kenneght Delacroix, mort apparemment assassiné. Et Montfort aurait sûrement sauté par la fenêtre pour mettre fin à ses jours ! A moins qu’on l’y ait aidé, confirme l’assistant du lieutenant.

– Selon un témoignage, les deux hommes semblaient très cordiaux. Rien ne laisse supposer à une telle scène macabre ! Ajoute un policier.

– Apparemment, les deux hommes sont morts quasiment en même temps, appuie le médecin légiste.

– Quelqu’un en voulait-il aux deux hommes ? Demande le lieutenant Humsk. Interroger leur entourage !

– Monsieur ! On vient de mettre à jour un message de la main de Daniel Montfort…

– Donnez le moi ! Demande l’inspecteur.

Le lieutenant Humsk prend connaissance de ce nouvel indice : « Excuse-moi d’avoir trompé tout le monde ! Le vitaesique est une supercherie. Le but étant d’asphyxier les esprits pour plus de gain. Il fallait que j’élimine le père du vitaesique… Je souffre de trop ! Adieu. Dan… »

L’inspecteur roula des talons le long de la pièce, un cigare à la main. Indigné, il demande à un des policiers : «  C’est une plaisanterie ou quoi ! Cherchez qui aurait intérêt à éliminer les fondateurs du vitaesique. Je veux des noms… C’est l’œuvre d’un esprit criminel intelligent. Allez dépêchez vous… En vingt ans de carrière, je n’ai jamais vu pareil crime ! Qui de surcroît est parfait. Je n’ai vraiment jamais vu ça …, répéta t-il. »

 

Emorizo, alias F. Ménez – Extrait de « Rendez-vous insolites avec le destin »(2009)

  

Copyright © Tous Droits Réservés, Extrait de « Rendez-vous insolites avec le destin » (2009), F. Ménez – 2025


En savoir plus sur Mot D'Aile

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

4 réflexions sur “Le Temps nous est compté…

Répondre à Béatrice Annuler la réponse.