J’ai la langue qui se noue
Nu de paroles
Qui s’étouffent
Dans le silence
Sans forcément rechercher
Ce mutisme flagrant
J’ai la langue qui se tait
Nu de mots
Qui s’accrochent
Au néant
A ne pas vouloir sortir
De leur tanière
J’ai la langue qui secoue
Pris de liberté
Qui s’affiche
Parfois pour dire non
Au grand tremblement
Du totalitarisme naissant
J’ai la langue qui m’échappe
A vouloir sauter
Parfois par-dessus les remparts
Du parfaitement correct
Au grand dam
De cette Europe soumise
J’ai la langue clouée
Au mur de mes passions
Qui restent doucement figées
A ne pas pouvoir s’échapper
Vers la réalité
De mon quotidien
J’ai la langue vissée
Aux contraintes mentales
D’un silence observé
Qui m’empêchent
De sortir des bois
Pour affronter l’ennemi
Du quotidien
J’ai la langue agile
Aux mots affûtés
Qui sort du silence
Pour asseoir des pensées
Qui parfois dérangent
Comme un coup de tonnerre
Sans éclair
J’ai la langue aiguisée
Vêtue de ma verve
Pour les mots habités
Par l’inspiration naissante
En hommage à Molière
Qui a su donné
Ses lettres de Noblesse
A la langue Française
Emorizo
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