L’écriture dénaturée et mise au placard!

Un brin de poésie après une nuit d’alcool. Une ivresse de mots qui me tient là, tous prêts à gravir des murs, pour enfin manifester tous ensemble leur mécontentement. Les « i » brandissent le poing vers le haut. Virgule, vous dis-je !! Les mots sont privés de leur liberté de libérer des émotions. Ils sont hachés, découpés en petites rondelles, parfois même ignorés. Les mots ont leur mot à dire aussi. Ils ont le droit qu’on les respecte pour ce qu’ils sont. Les mots perdent parfois leur sens dans cette société à caractère limitatif. Ce n’est pas de la pâté pour chien mais notre pensée qui sommeille en eux.

j né pa bu, c pa vré 🙂

Alors, oui !Adieu « vieille » langue française! Je suis « accent circonflexe ». Que dis-je, un résistant de la juste cause. Les mots déshabillés n’ont plus aucune âme. La société les dénature pour juste en faire des sots s’il sont secs comme les Aztèques. Des sauts vers la décrépitude des sens.

La pensée devient une vieille relique pour qui use des mots sans amour et sans dérision. Où va donc la pensée si elle ne se lit pas dans les mots, reflets d’émotions intenses et panachées ?

Je ne suis pas contre les jeux de mots (au contraire j’en use et abuse peut-être trop ou pas assez, c’est selon). En fait, je mets en garde sur l’utilisation systématique des abréviations diverses et variées ou des mots mal orthographiés. Si mal orthographiés que la phrase perd de son sang, un sens mal figuré. Même s’il s’agit d’un jeu de mots. Je trouve dommage qu’on se moque des règles de grammaire, de conjugaison et d’orthographe de peur de passer pour des cancres. Toutefois, un mot ou deux mal fagotés ne piquent pas les yeux.

Les gens veulent exprimer des idées le plus rapidement possible sans se soucier de l’écriture : soit avec de simples images sans légende ou des sons qui tiennent la route. L’écriture devient obsolète et une vraie perte de temps pour qui n’aime pas écrire ou lire.

On abrège. On disloque. Il n’y a plus aucun plaisir. On ne maîtrise même pas l’écriture qu’on la jette déjà en pâture. Et, comme le jetable, on passe la main à autre chose. Est-ce de la fainéantise ? Ou un cauchemar ?

Longtemps nos ancêtres se sont battus pour écrire leur idées sur du papier. Ecrire tout simplement comme on apprend à lire. Cela faisait partie intégrale d’une Liberté de pensée. La réflexion avait du sens. On a créé l’école pour apprendre à compter, à lire et à écrire : être égaux les uns avec les autres. Et non, pour surfer sur des applications pour Iphone ! Compter aussi devient une vraie énigme pour certains. Je me contenterai de parler ici des mots… même si les chiffres sont aussi important que les mots.

On dénature l’essence même de l’écriture. On la veut plus simple et directive. On ne prend plus la peine de peser son pesant d’or-mots. On se contente de citer les mots au prorata du public visé. Car oui, une bonne partie de la société maîtrise très peu cet art ancestral hérité de l’Antiquité puis de Gutenberg (inventeur de l’imprimerie) qui permis à la population (certes aisée) de lire. C’est un luxe que nos arrières-grands-parents ont acquis avec force et détermination face aux privilégiés.

Aujourd’hui, l’écriture passe au rang de gadget. C’est un handicap qui s’affiche même chez certains journalistes (aujourd’hui au XXIe siècle) et qui montrent des lacunes grossières.

On achève l’écriture par des abréviations dans la vie courante. On ne veut plus prendre la peine de lire un texte trop long car ennuyeux. Ennuyeux est celui qui ne lit pas car il se perd dans la simplicité de son esprit.

Autre chose qui me désole…

… Le fait qu’il faille absolument avoir un scoop pour obtenir l’autorisation d’être lu… voire l’opportunité de conquérir le cœur des gens. Alors j’y vais fort car je trouve qu’on doit toujours écrire un truc qui fasse déclic chez les gens. Ou alors, on tombe dans la téléréalité littéraire pour faire le buzz…

Un certain chroniqueur de la vie parisienne au début du XXe siècle, Jules Claretie, craignait déjà « la fin de l’art épistolaire et le triomphe du laconisme ». La carte postale (l’ancêtre du SMS ou autre MMS) en était réduite à la mort certaine des longues correspondances. Je vous conseille de lire l’article du Figaro datant du 28 Août 1903. Avant la carte postale, les gens prenaient le temps d’écrire leurs émotions et toutes sortes de causeries. Avec la carte postale, les messages se sont raccourcis en un simple : « Bonjour, ici il fait beau ! ». Même le téléphone y est passé : on n’écrivait plus de jolies lettres… comme dans le bon vieux temps de la Marquise de Sévigné.

Alors au final, il faut dire qu’aujourd’hui les mots n’ont plus leur véritable rôle : juste publicitaire ou de circonstance administrative. Exprimer ses opinions avec force et conviction devient un luxe depuis le début de l’ère industrielle au XIXe siècle. Les mots n’ont plus cette place au premier rang et se retrouvent à la charrette de l’âne !

Pourquoi pas… ?

Je propose donc, pour faire vraiment court, de créer un gène numérique avec toutes les applications évolutives. On modifierait génétiquement tous les embryons pour en faire des supers collecteurs de pensées. Plus besoin d’écrire sa pensée. Ce serait la pensée qui viendrait directement à un autre individu ou objet par un simple téléchargement de pensée.

Ainsi, pour échanger des idées, ce serait par le biais de téléchargement d’information via une sortie BODY LOAD PLAY (nom de la sortie créée génétiquement pour le téléchargement de données) qu’on lirait en se « frottant » le ventre. Se coller le ventre l’un à l’autre sera devenu un signe de téléchargement et non d’étreinte amicale ou amoureuse. Dès la naissance, le BLP du nourrisson collecterait les données transmise au fur et à mesure de l’évolution psychique de l’enfant devenant un adulte etc. Du coup, ce serait plus rapide et moins contraignant pour assouvir sa soif de connaissances sans âme. Et là, on enlève une épine de la main : plus besoin d’écrire… C’est vraiment magique !

Le pire dans l’histoire, c’est que je rentre dans ce moule. J’ai l’impression de ne plus savoir écrire et d’être toujours sollicité par les écrans (vidéos, sons, photos, images). Finalement, que me reste t-il à explorer ?

On ne décortique plus les mots !!

Emorizo,  alias F. Ménez

Copyright© Tous Droits Réservés, F. Ménez-2016

 

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