Que de visages en ruines…

Que de visages en ruines

Que de rivages en rides

Que de sourires en friches

Que de prières en niche

 

Je m’abois de tous ces restes

Sur la tombe encore fraîche de ton cadavre

 

Je m’assoie de toutes ces pestes

Sur la jambe encore frêle de la palabre

 

Ne cherches tu pas tes souvenirs

Sur le lit en tempête?

 

Ne cherches tu pas tes rêveries

Sur la rive en trompette?

 

Saches que je n’oublie rien

De nos soirées émoussées

De nos soirées éclaboussées

 

Saches que je n’oublie rien

De nos poiriers nourris

De nos poiriers sourire

 

La tempête se lève et nous voilà

Dans de beaux draps

La tempête s’achève et nous voilà

Dans de sots rats

 

J’entends le son de la clarinette

J’entends le chant de la tempête

Loin de nous enlacer

Loin de nous prélasser

 

Ne vois tu rien venir?

 

La mort a soif de nos corps morts

Du corridor de notre sort

Inachevé

 
 

Emorizo

 

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